• Une belle histoire de l'oncle Paul



    On ne les trouvait plus, alors on les a recréés.
    Enfin pas tout de suite et pas pareil.

    Ou
    L'histoire du 5 maudit.



    Il aura été à l'origine de plein de gaffes,
    Gaston Lagaffe.
    Une de ses plus jolies sera peut-être celle de l'édition de ses aventures en albums.

    Gaston Lagaffe est né le 28 février 1957 dans le numéro 985 du journal "Spirou"
    de l'imagination de ses papas, André Franquin assisté d'Yvan Delporte.
    C'était un héros sans emploi à ses débuts.
    On ne disait pas encore "en restructuration professionnelle".



    Son apparition dans les albums actuels.
    Il suffit de passer la souris sur le dessin
    pour voir l'apparition telle qu'elle eut lieu dans Spirou.


    Au bout de quelques mois d'animation
    dans les blancs et les marges des pages du journal,
    Gaston a eu droit à une demi-page hebdomadaire pour s'exprimer
    à partir du numéro 1026 du 12/12/1957.
    Ça ne nous rajeunit pas.
    Demi-page qui eut un succès immédiat auprès des jeunes lecteurs,
    succès incompréhensible auprès de la direction.

    Ce qui fait qu'en 1960 les Éditions Dupuis hésitantes
    décident de publier ses aventures dans un petit album.
    La demi-page coupée en deux horizontalement
    pour mettre une bande par page.
    Tout ça pour utiliser des chutes de papier de l'imprimerie...
    Yvan Delporte, rédacteur en chef de Spirou ces années-là, aimait à raconter:
    " À L'époque, les services commerciaux disaient:
    ' Cet album ne se vendra jamais. Trop petit, mal présenté.
    D'ailleurs personne ne peut s'intéresser à un anti-héros.
    Monsieur Franquin ferait mieux de se consacrer aux aventures de Spirou.
    Voilà un bon personnage...' "

    Donc les libraires reçurent ce premier opus.
    Non numéroté.
    " Marchera pas. Y'aura pas de suite... ".





    Surprise des libraires devant ce nouveau non-format d'album de BD.
    8,3 x 19,7 cm.
    Prenez une règle, regardez à quoi ça ressemblait.
    À l'époque un album de BD de qualité trouvant sa place en librairie
    avait plus ou moins la dimension et la présentation d'un album de Tintin.
    Ainsi certains libraires prirent-ils ce petit recueil pour une pub cadeau de Spirou
    et le distribuèrent gratuitement.
    Première gaffe.

    Le succès perdurant dans Spirou,
    Gaston eut une nouvelle chance en 1963
    (ils auront quand même attendu trois ans...).
    Des albums à l'italienne au format des gags hebdomadaires, 15x22 cm.
    C'était déjà mieux.
    Premier vrai album...
    numéroté 2.
    Aïe, on continue les gaffes.





    Suivi par les albums 3 et 4.







    Alors la série commence à bien se vendre.
    Mais le premier album non numéroté n'avait jamais été réédité.
    L'éditeur publie donc après le numéro 4 le numéro 1
    qui n'a rien à voir avec le premier album paru
    et sera en fait le cinquième album à sortir des presses.
    Les gaffes continuent.





    En 1966,
    la série Gaston aura donc connu
    un album non numéroté devenu rapidement indisponible,
    puis le 2, le 3, le 4 et le 1 qui est en fait le cinquième.

    Et il sera bientôt suivi en 1967 par le cinquième album.





    Il a donc bel et bien existé ce cinquième album,
    sauf que...

    Mais les libraires continuent de ronchonner.
    Malgré le succès des albums,
    ils sont encore toujours édités dans un format inhabituel.
    Très durs à ranger dans les présentoirs courants.
    Au mieux ils se cachent au fond,
    au pire ils se crashent à chaque fois qu'un client tourne le présentoir.

    Dupuis va donc publier Gaston
    dans le format normal des autres publications de la maison.
    Surtout que les gags occupent maintenant chaque semaine
    une page entière dans le journal.
    Paraîtront donc les albums 6, 7, et 8.









    Les libraires commencent à sourire.
    Mais que faire des premiers albums épuisés et demandés par les lecteurs?
    Les republier, bien sûr.
    Mais plus dans leur format d'origine.
    Comme déjà mentionné,
    les libraires n'avaient pas arrêté de ronchonner au sujet du format.
    Donc réédition au format des nouveaux albums.
    C'est alors en 1970 la parution de l'album R1,
    fusion des albums 2 et 3.
    Et pas du premier non numéroté avec le 2
    ou du deuxième 1 avec le 2,
    cela eût été trop simple.





    Suivront ensuite les albums R2, R3, et R4,
    des planches issues des albums à l'italienne 4, 5, ainsi que des dessins inédits.









    Parallèlement paraîtront jusqu'en 1979 les albums 9 à 13.













    Ont été édités jusqu'alors
    un album sans numéro introuvable,
    5 albums petit format devenus introuvables
    et réédités en grand format dans les albums R1, R2 et R3,
    1 album grand format numéroté R4 contenant du matériel inédit en album,
    7 albums grand format numérotés 6 à 13.

    Sont donc au catalogue en 1979,
    les albums R1, R2, R3, R4, et 6 à 13.
    Tiens, toujours pas de 5.

    Et les lecteurs vont en librairie
    (pour les plus jeunes, Amazon n'existait pas encore à cette époque...)
    demander, commander, l'album numéro 5.
    Et les libraires commandent.
    Et l'éditeur doit leur répondre à chaque fois avec une machine à écrire
    (pour les plus jeunes, les traitements de texte n'existaient pas encore à cette époque...)
    que l'album 5 n'existe pas.
    Même Franquin s'en occupe à la fin de l'album 13...





    Il faut bien remarquer qu'on parle de cinquième album "en grand format".

    Puis paraît encore un numéro 14.





    Et ensuite, pour compliquer le tout,
    un numéro 0
    contenant le premier album non numéroté ainsi que des inédits.





    Et enfin, en 1986, alléluia,
    Dupuis craque.
    Le numéro 5 grand format est enfin au catalogue !
    Numéro 5 c'est vite dit.
    En fait c'est R5.





    Ce qui nous donne au catalogue
    0, R1 à R5, et 6 à 14.
    Ouf.

    Après ils ont certainement acheté un boulier chez Dupuis,
    parce que la numérotation devient logique.

    Bon, par la suite, en 2007,
    tous les gags ont été réédités dans leur ordre chronologique, en 19 volumes,
    avec un beau dos qui une fois assemblé dans la bibliothèque
    représente un Gaston allongé.

    Et imaginez-vous que le numéro 5 de la collection ne fut pas oublié !
    Dommage, ça aurait fait un beau gag.
    Et un mystère à éclaircir pour les bibliophiles du futur.




    « Un petit sourire avant de dormirM'oiselle Jeanne »

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  • Commentaires

    1
    Dimanche 28 Juin 2015 à 08:04

    un vrai casse-tête .... digne de Gaston !!  yes
    j'imagine que tu possèdes l'ensemble wink2

    ah tu vas tenter les cambrioleurs !!happy

    2
    Françoise
    Dimanche 28 Juin 2015 à 08:53

    Arf, je n'en suis qu'à mon premier café et je n'ai pas de bac scientifique c'est donc trop compliqué pour moi à c't'heure tous ces numéros, il va falloir que je relise. En tout cas, il est né une belle année cool !

    3
    Dimanche 28 Juin 2015 à 09:27

    Je le connais bien depuis longtemps ce casse-tête casse-bonbons. Mes premiers albums à moi datent des années 60. Bon, fin du premier chapitre.

    Jeune étudiante, je décide qu'il me faut écrire le chapitre deux et avoir MA collection personnelle à disposition (pasque ne les relire que chez mes parents, mes oncles, mes tantes ou mes cousins devenus adultes, ça va bien un temps.) Je vais chez Gibert. Or (Avec un grand H, comme "horreur") chez Gibert, il y a un mélange de BD neuves et d'occasions... comme neuves, les occasions... J'achèèèèète, sans faire gaffe !

     

    Mais bon, comme je suis fan et accro, je le sais bien qu'il n'y a pas de 5. Je ne le cherche donc pas... Et j'acquiers quelques albums.

    Chapitre 3. Jeune maman fauchée donc, au fin fond de l'Est de la France. Brocante géante chez moi tous les ans, une des plus grandes de toute la région. Un tit gosse qui vend une collection, quasi entière ! J'oublie donc le réel et, comme au Monopoly quand tu es rue de la Paix, je ne compte pas, un pot comme ça, ça ne se refuse pas : j'achèèèèèète. (Et je me ruine en passant.)

    Sûre de moi.

    Ben nan, je ne retrouve pas certains gags de mon enfance ! (J'ai toujours appris Gaston par cœur. Ben si. On ne se refait pas...)

    Chapitre 4. Maman solo, en ville. toujours à surveiller le budget, mais un peu moins. Je vais à Monuniprix, pasque la librairie a fermé (Grosse détresse de l'âme, je ne me remets toujours pas de ce deuil : Espace Cul----l de chez Lecl--c m'a tuer !). Je veux retrouver les épisodes manquants, puisque Dupuis a, depuis, fait le nécessaire...

    ...

    ...

    Épilogique :

    Ma collection à moi est trop bordélique ! Impossible de vouloir faire un tri méthodique de ce qui me manque. Comme quoi, je suis une vraie Gaston femelle.

    La mémoire palliera.

    Dupuis, depuis, m'aide encore à vivre...

    Biz.

    P.S. Ça ne t'ennuie pas que je fasse mes articles chez toi en ce moment ???

     

     

    4
    Dimanche 28 Juin 2015 à 10:59

    @Martine du Jdv
    Je possède encore la collection 0 à 15 de Dupuis + le 19 de Marsu. Parce qu'après le 15 de Dupuis la suite c'est le 19 de Marsu...
    Comme j'avais été gentil chez le dentiste, pour me récompenser je m'étais acheté la nouvelle édition complète par ordre chronologique. C'est celle-là qui trône en ce moment dans la bibliothèque.
    @Françoise
    Ah oui. Une année qui correspond également à un numéro de département.  :-)
    Moi je connais quelqu'un qui est né le jour des 25 ans de Gaston Lagaffe.
    @Galatée4reveur
    Des albums de Gaston du début des années 60. Wouah, t'es une vieille, toi.  :-)
    Faut pas dépasser les 3 euros en brocante pour album de BD courant en bon état. Et si t'en prends 5 tu marchandes le 6ème gratuit.
    On ne dit pas "Gaston femelle" mais "M'oiselle Jeanne". Qui d'ailleurs devrait passer nous voir dans quelques jours.
    Si jamais tu vas chez le dentiste et que tu as été gentille, offre-toi l'édition actuelle, elle est sympa. Chronologique, complète, ou presque, il paraît qu'il manque un gag, à vérifier.
    Il y avait eu dans le temps une édition Rombaldi qui faisait office de référence. Très difficilement trouvable aujourd'hui. Et devenue également incomplète. Logique, il manque les derniers gags.
    Tu connais certainement ce site:
    http://www.gastonlagaffe.com
    Là il y a des trucs sympas:
    http://www.gastonlagaffe.com/goodies
    Et je regretterai toujours d'avoir loupé ça:
    http://www.gastonlagaffe.com/insolite/hachette
    Pourtant c'est pas mon truc les abonnements à des objets vendus en revues.

    Pas de problème, fais tes articles ici, comme ça au moins je serai sûr de les lire.  :-)

    5
    Dimanche 28 Juin 2015 à 11:09

    Ben du coup je publie mes commentaires chez moi ! Je viens de commencer avec mes limaces.

    M'oiselle Jeanne en blonde

    PS Nan j'ai pô honte, je fignole, je détaillationne un peu et je rature beaucoup... (ou le contraire...)

    6
    Dimanche 28 Juin 2015 à 11:19

    T'as raison, faut pas gâcher.  :-)
    PS: C'est dégoûtant de couper les limaces en deux !
    La couv' de "Détective": "Elle faisait des selfies avec les limaces qu'elle venait de couper en deux!".

    7
    Dimanche 28 Juin 2015 à 13:10
    m'annette

    heu.............. tu m'épates! quelle culture!

    Pour une raison qui m'échappe, je n'ai jamais été très fan de BD... Alors je suis toujours époustouflée par les connaissances des BDphiles!

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    8
    Dimanche 28 Juin 2015 à 14:04

    Faut pas exagérer non plus.
    Je connais l'histoire de la malédiction du 5 depuis très longtemps. Mais je n'aurais pas pu la résumer correctement sans me lancer dans quelques petites recherches.
    Je suis sûr que tu connais et apprécies plein de choses dont moi j'ignore tout.
    ...
    Le tricot par exemple.  :-)

    9
    Dimanche 28 Juin 2015 à 14:38
    m'annette

    certainement plus que toi, c'est sûr, mais pas forcément des tonnes non plus!

    et des recherches dans ce domaine, bof!!! sarcastic



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